Si vous avez déjà pris l’avion, vous savez que l’embarquement peut s’éterniser. Entre le premier appel et la fermeture des portes, il n’est pas rare que de longues minutes s’écoulent. La plupart des compagnies utilisent l’une de deux approches : soit laisser entrer tous les passagers dans l’ordre d’arrivée, soit commencer par les voyageurs assis au fond de l’appareil, puis avancer vers l’avant par groupes.
Cette seconde méthode paraît logique : les passagers à l’arrière s’installent sans bloquer ceux placés devant eux. C’est d’ailleurs celle qui est privilégiée sur la majorité des vols intérieurs américains. Problème : selon les spécialistes, c’est aussi… la plus lente.
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ToggleL’analogie des cailloux et du sable
Pour expliquer ce paradoxe, certains experts utilisent l’image d’un bocal à remplir de cailloux et de sable. Si l’on verse le sable en premier, il occupe tout l’espace et empêche les cailloux de rentrer. Mais si l’on met d’abord les pierres, le sable trouve naturellement sa place dans les interstices.
Les passagers fonctionnent un peu de la même façon. Faire entrer en premier les personnes plus lentes, ou celles qui ont besoin de temps pour s’installer, permet de fluidifier le mouvement. Elles peuvent ranger leurs bagages dans un avion encore vide, puis laisser le champ libre à ceux qui se déplacent plus facilement.
La méthode Steffen, championne de la rapidité
Parmi les techniques étudiées, celle du physicien Jason Steffen est souvent citée comme la plus performante. Son principe : embarquer par vagues de dix passagers, en remplissant un rang sur deux. On commence par les sièges hublot de gauche, puis ceux de droite, avant de passer aux sièges du milieu et ainsi de suite.
Cette organisation permet à chacun de ranger ses bagages et de s’asseoir sans gêner ses voisins. Des tests ont montré qu’elle est presque deux fois plus rapide que l’embarquement par groupes de l’arrière vers l’avant, et 20 à 30 % plus efficace que la méthode où tout le monde monte à bord en même temps.
Des expérimentations en cours
Face à ces constats, certains aéroports testent de nouvelles approches. L’aéroport de Londres Gatwick a par exemple lancé, en octobre, une expérimentation de deux mois : appeler les passagers siège par siège afin de fluidifier l’accès à bord. Les résultats définitifs ne sont pas encore connus, mais pourraient bien inspirer d’autres plateformes à revoir leurs procédures.
Si ces essais sont concluants, le petit monde des aéroports pourrait bientôt dire adieu aux files d’attente interminables avant le décollage… au plus grand bonheur des voyageurs pressés.