Train, vélo, voilier… : comment organiser des vacances lointaines sans avion ?

Voyager loin sans prendre l’avion n’est plus une utopie. De nouvelles plateformes, des créateurs de contenus engagés et des modes de transport alternatifs ouvrent la voie à des séjours dépaysants… tout en limitant l’empreinte carbone.

Des bons plans pour voyager autrement

Sur Instagram, plus de 2 000 membres du canal « Les voyageurs bas carbone » suivent les trouvailles de Benjamin Martinie alias Tolt. Parmi elles : un Paris–Milan en train pour 29 €, avec escales à Chambéry, Modane et Turin, ville qu’il affectionne particulièrement.

Après avoir arrêté l’avion, il a lancé Hourrail !, une plateforme qui propose une trentaine de destinations classées par thématiques – mer, montagne, patrimoine – avec des itinéraires recommandés. Son coup de cœur de l’été : un voyage jusqu’en Sicile via un train de nuit depuis Milan ou Rome, puis un ferry, le tout sans voiture sur place.

En deux mois, Hourrail ! a généré plus de 250 000 vues et un millier de réservations pour ses partenaires. L’objectif : élargir l’offre aux hébergements et à l’organisation complète du voyage.

D’autres acteurs sur le créneau

Mollow propose une cinquantaine d’itinéraires alliant train et ferry, comme Paris–Majorque en 6h30 + nuit en bateau, soit dix fois moins d’émissions qu’en avion. « Beaucoup ignorent les trajets possibles en train », explique Alisée Pierrot, cofondatrice. Les voyageurs peuvent aussi y partager leurs expériences.

Pour les amateurs de deux-roues, Hexplo aide à planifier des itinéraires à vélo, tous niveaux confondus. Et pour comparer les options, Greengo a lancé un outil mettant en perspective temps, coût et empreinte carbone selon le mode de transport choisi.

Voir aussi :  La solution géniale d’un TikToker pour éviter que le siège de devant s’incline en avion

Pourquoi éviter l’avion reste crucial ?

Selon l’Ademe, le tourisme représente 11 % des émissions françaises de CO₂, dont 77 % liées au transport. L’avion reste le mode de déplacement le plus polluant : un Paris–New York aller-retour émet environ 1 tonne de CO₂, contre 100 kg pour un Paris–Londres en train.

Malgré cela, le trafic aérien de loisirs a doublé en France entre 2008 et 2018 et devrait encore augmenter de 3 % par rapport à 2019. Pour Alexis Chailloux (Greenpeace), le problème est aussi culturel : « L’avion est perçu comme la norme, alors qu’il devrait rester exceptionnel. » Il dénonce également les avantages fiscaux du secteur : pas de taxe sur le kérosène, pas de TVA sur les vols internationaux.

Changer les imaginaires du voyage

Le collectif Itinéraire Bis, fondé par Amélie Deloffre, regroupe journalistes, communicants et créateurs engagés pour promouvoir d’autres manières de voyager. Parmi eux, Louannemanshow, suivie par près de 100 000 abonnés, partage ses aventures en train, voilier ou encore vélo, comme son périple au Maroc ou la traversée vers le Costa Rica par la mer.

Repenser le temps du trajet

Certaines entreprises comme Ubiq instaurent des Temps de Trajet Responsable (TTR) : des jours de congés supplémentaires pour voyager plus lentement et réduire l’empreinte carbone.

Pour Benjamin Martinie, il s’agit de « revoir notre rapport au temps et à la distance ». Observer le paysage depuis un train, sentir les embruns sur un bateau, lire ou rêvasser… tout cela fait déjà partie du voyage. « L’avion ne me manque pas, confie-t-il. Trouver des alternatives rend chaque départ plus savoureux. »

Voir aussi :  Ce pays européen est le seul présent sur trois continents : une curiosité géographique
0/5 (0 Reviews)
Élise Carpentier

Passionnée de culture et de patrimoine, j’aime faire découvrir l’histoire vécue de Bruyères-le-Châtel à travers les souvenirs, les lieux et les voix de ses habitants.

Laisser un commentaire