Ce plat thaïlandais pourrait provoquer un cancer du foie selon les experts

Découvrir la cuisine locale est souvent l’un des grands plaisirs du voyage. Mais certaines spécialités peuvent s’avérer bien plus dangereuses qu’on ne l’imagine. En Thaïlande, un plat traditionnel baptisé koi pla intrigue autant qu’il inquiète : derrière ses saveurs relevées se cache un risque sanitaire majeur, lié à une maladie mortelle du foie.

Le koi pla, une spécialité aussi populaire que risquée

Très apprécié dans la province de Khon Kaen, au nord-est de la Thaïlande, le koi pla est préparé à base de poisson cru haché, assaisonné de citron, d’herbes fraîches et d’épices. Un met simple, typique de la région du Mékong, mais qui peut avoir des conséquences dramatiques.

Car ce n’est pas le poisson en lui-même qui pose problème, mais un parasite : la douve du foie. Invisible à l’œil nu, ce ver plat s’installe volontiers dans les poissons de rivière consommés crus. Une fois ingéré, il colonise les voies biliaires et peut rester dans l’organisme des années durant, provoquant des inflammations chroniques. À terme, ces lésions peuvent évoluer en cancer des voies biliaires (cholangiocarcinome), une forme particulièrement grave de cancer du foie.

Une épidémie silencieuse

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), deux espèces de ce parasite – Fasciola hepatica et Fasciola gigantica – sont responsables de cette maladie. On estime à 2,4 millions le nombre de personnes actuellement infectées dans près de 70 pays. La Thaïlande paie un lourd tribut : près de 20 000 décès chaque année sont liés à cette infection.

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Dans certains villages de l’Isaan, région pauvre où ce plat reste courant, les études menées par des équipes médicales locales ont révélé des chiffres alarmants : jusqu’à 80 % des habitants porteraient le parasite, et près d’un tiers présenterait déjà des symptômes hépatiques.

Koi pla

Le combat d’un chirurgien thaïlandais

Ce fléau a pris une dimension personnelle pour le chirurgien Narong Khuntikeo, dont les parents sont morts après avoir consommé régulièrement du koi pla. Depuis, il sillonne le pays pour sensibiliser la population et alerter les touristes. Avec son équipe, il distribue des kits de dépistage et utilise des échographes portatifs pour détecter les signes précoces de la maladie.

Son objectif est clair : réduire les infections grâce à la prévention et convaincre les habitants de renoncer à ce plat profondément ancré dans la culture culinaire locale.

Prévention et vigilance

Le koi pla illustre un paradoxe fréquent dans les cuisines traditionnelles : ce qui relève de l’identité culturelle et gastronomique peut parfois représenter un danger sanitaire majeur. Les experts de santé publique recommandent d’éviter la consommation de poissons crus dans les zones où ces parasites sont présents, et de privilégier une cuisson suffisante pour éliminer tout risque.

Car si le koi pla reste un symbole de convivialité pour beaucoup de familles thaïlandaises, il peut aussi se transformer en véritable piège mortel.

Élise Carpentier

Passionnée de culture et de patrimoine, j’aime faire découvrir l’histoire vécue de Bruyères-le-Châtel à travers les souvenirs, les lieux et les voix de ses habitants.

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